Devenir N+2 : manager de managers

De nombreux managers deviennent un jour « manager de manager », un « N+2 » dans le jargon. Au-delà de la promotion, c’est une situation qui peut s’avérer délicate à gérer. Elle ne s’appréhende pas du tout comme une fonction de simple manager. On doit être vigilent pour adopter la bonne posture et le bon positionnement vis-à-vis de chacun dans l’organisation. Cet article présente quelques conseils pour vous aider dans votre (nouvelle) vie de N+2.

Éviter le « hands-on »

Là où un manager de premier niveau peut rester (un peu) impliqué opérationnellement, c’est difficile pour un manager de niveau deux. D’une part, il n’en a plus le temps, et d’autre part, ce n’est pas ce que l’on attend de lui. On ne promeut pas les leaders pour qu’ils continuent à faire la même chose, mais pour leur permettre d’étendre et démultiplier leur impact à une activité toute entière.

Éviter le micromanagement

En augmentant le nombre de personnes dans son organisation, on perd mécaniquement le lien avec de nombreux détails. On ne dispose plus de la capacité à faire les meilleurs choix d’implémentation. Un N+2 qui met son nez dans le quotidien d’un collaborateur met son équipe en danger pour deux raisons. Non seulement il risque d’insuffler de mauvais choix, mais il va surtout déresponsabiliser ses équipes et annihiler l’esprit d’initiative.

Choisir ses sujets

Éviter le « hands-on » et le micromanagement ne signifie pas qu’on ne doit plus s’intéresser à certains détails. L’important c’est de savoir les choisir. Le piège à éviter, c’est de se concentrer sur ce que l’on pense savoir bien faire – son métier d’avant. L’essentiel est de se focaliser sur une petite liste de critères : les sujets à risque, les sujets à enjeu, les sujets stratégiques pour le futur de l’équipe. Pour tout le reste, créer les conditions de réussite du management intermédiaire est une sage décision.

Être le garant du sens

Pourquoi fait-on ça ? Quelle est la valeur de cette activité ? Il est improbable qu’un manager décide de réduire la voilure d’une de ses activités pour en staffer une autre. Dans la majorité des cas, il demandera juste plus de ressources. L’attente d’un manager de second niveau, c’est d’être capable d’évaluer objectivement l’importance relative des activités, le cas échéant de leur performance, pour dimensionner les choses de la bonne manière. Parfois on décide de continuer et parfois on fait le choix de changer les choses. Cela nécessite d’une part une forme de courage, et d’autre part une compréhension assez fine du métier : le management n’est pas une compétence générique !

Supporter le management intermédiaire

Rappelez vous de vos pires managers à l’époque où vous étiez vous même manager. Quelles étaient ces pratiques qui vous hérissaient le poil ? Quand on vous court-circuitait pour confier des missions à votre propre équipe ? Quand on communiquait sur des priorités différentes ? Quand on vous discréditait ? Ce sont là les points de vigilance les plus importants de cet article. Un N+2 doit pouvoir s’appuyer sur les managers qu’il dirige. Il se doit de les challenger comme il se doit de les supporter. Mais il doit éviter de se substituer à eux. Et en aucun cas il ne doit les discréditer devant leurs équipes.

Établir un cadre de responsabilités

Les uns et les autres peuvent avoir une compréhension différente des prérogatives managériale dans une structure hiérarchisée. Entre N+2 et managers, le mieux, c’est simplement de se le dire. C’est vrai pour les « gros sujets » : qui a la responsabilité d’une décision de politique salariale, ou le mot de la fin pour un recrutement. C’est aussi vrai pour la façon dont on interagit avec les collaborateurs (périmètre et agenda des réunions d’équipe, cascade d’informations, etc…).

Conserver un lien avec les collaborateurs

Si devenir N+2 c’est l’occasion de choisir ses priorités, on peut être amené à s’éloigner de certains sujets. Mais il ne faut pas pour autant se déconnecter des membres de ses équipes. Savoir prendre du temps avec eux, rester informé de leur situation, de leurs difficultés et de leurs succès est important. L’impact de remerciements, de kudos et autres messages d’appréciation est d’autant plus grand qu’ils viennent d’un niveau de hiérarchie élevée. Une autre façon de rester en contact consiste à partager régulièrement des éléments de stratégie et de perspectives. Que l’approche soit formelle ou informelle, elle aide les équipes à se projeter de manière complémentaire à ce que peut faire un manager de premier niveau.
Le petit mot du N+2 est une forme de reconnaissance importante, souvent commentée et toujours appréciée.

Tirer les équipes vers le haut

Comme le dit Philippe Gabilliet, le manager est un professionnel de la performance des autres. À mesure que l’on progresse dans la hiérarchie d’une organisation, cette mission gagne en importance. Certes, elle peut changer de forme, mais les basiques demeurent. Établir un standard de performance, identifier et développer les talents, faire progresser les individus et le collectif : voilà de nobles missions qui méritent qu’on leur accorde suffisamment d’attention.

En conclusion :

Devenir N+2 représente un jalon important dans la carrière d’un manager. C’est un point d’inflexion ou l’on doit revisiter ses priorités pour se concentrer sur une sélection de sujets qui en valent vraiment la peine. Parce que tout le reste doit être entre de bonnes mains.
La clé du succès réside dans la capacité à pouvoir s’appuyer sur des managers autonomes et performants. Ils le seront très probablement s’ils disposent de l’autonomie et du support nécessaire, dans un cadre clair et partagé.

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Photo: Chamrousse, chaine de Belledonne, Isère.


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